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mercredi 20 janvier 2010

A l'africaine, ça a du bon!


Mon père et ma belle-mère qui passent une bonne partie de leur temps à sillonner l'Afrique dans le cadre de projets de développement et humanitaires et me racontent régulièrement leurs anecdotes africaines.

Aujourd'hui, il m'en est arrivée une juste en bas de chez moi. Je sortais en courant de mon immeuble (en retard comme d'habitude) pour attraper mon bus, et au moment où j'allais atteindre l'arrêt de bus, le voilà qui file sous mon nez.

2 secondes plus tard, j'entends un crissement de roues, une voiture s'arrête à côté de moi, la porte s'ouvre, j'entends "allez, on le rattrape!" Sans hésiter, je monte dans la voiture, et arrivés en bas de la colline à l'arrêt suivant , j'ai juste le temps de sauter dans le bus et le tour est joué!

Merci "mon" africain.

J'adore ce genre de spontanéité!

jeudi 6 novembre 2008

Metropop Festival 2008 (1/2)


Grâce à 2 billets gagnés en faisant un concours (il faut toujours faire les concours), nous voici au Metropop avec S*** pour voir Infadels et Starsailor. Deux concerts hauts en couleurs, énergiques, le plaisir de se retrouver dans la salle Métropole (qui me rappellent un peu le quitsch des soirées au Klub International à Berlin)

Un grand classique de starsailor (dont bizarrement la version remixée est bien plus connue)


En rentrant à la maison, on a croisé une femme dans la rue, à l'allure très marginale. S*** me dit tout bas "je la connais celle-là". Je réponds "moi aussi, je crois bien qu'on la connaît du même endroit". On a effectivement veillé dans le même hôpital psychiatrique, S*** et moi. Et dans une petite ville comme Lausanne, il est fréquent de recroiser des patients dans la rue (et à chaque fois on espère qu'ils ne nous reconnaissent pas...).

jeudi 7 août 2008

La dernière nuit...


Ce soir j'ai fait ma dernière nuit. La dernière veille à l'hôpital. Enfin, même pas une vraie entière, cinq petites heures, rien de très impressionnant comparé aux centaines (milliers?) d'heures que j'ai passé là-bas, à m'occuper des patients, tuer le temps, ou me précipiter aider des collègues victimes d'agressions.

Toutes ces heures de veilles, durant lesquelles j'ai petit à petit découvert le milieu de la psychiatrie et les fameux "fous" qui font toujours peur à tout le monde. Nuits durant lesquelles j'ai également eu des crée des relations super avec certain/es collègues, dans cette ambiance bizarre de la nuit, isolés à deux pendant 12 heures, parfois ne se connaissant pas du tout, et malgré tout échangeant des expériences hyper personnelles, et de nouveau très distants le matin lors de la remise de 7h.


Cette nuit, je ferme aussi peut-être la porte d'un douloureux passé, puisque en allant travailler là-bas, je suis inconsciemment retourné sur les traces d'un certain cousin qui y avait été patient près de 20 ans auparavant. Comprendre ce qui a pu se passer dans sa tête à ce moment là, pourquoi il a fait ça...


Et cette dernière (demi)nuit, je l'ai passée avec Olivier, le collègue qui m'avait encouragé à partir à Berlin, et qui m'avait appris que les gens, qui, comme lui et moi, aiment leur liberté, doivent sans cesse la créer et qu'il faut toujours lutter contre l'espèce de conformisme environnant qui a une peur panique de l'inconnu. Et donc de la liberté.

Et comme s'il fallait la fêter, cette dernière (demi) nuit, j'ai dû intervenir pour une (fausse) alerte d'urgence vitale, et une (vraie) agression au pistolet. Oui, oui, le mec le pistolet braqué sur sa tempe. Les collègues impuissants autour de lui. Et dont on a dû attendre l'arrivée d'une brigade spéciale de (beaux) policiers pour le désarmer.


Je suis arrivé là-bas il y a un peu plus de deux ans, jeune diplômé en économie voulant travailler dans le social. Je suis ressorti ce soir jeune "retraité" du social, en recherche d'un travail dans l'économie. Et admettant que le charme de son collègue Olivier le touche parce qu'il a quelque chose de plus que les autres collègues infirmières. Parce que c'est un garçon.

Inlassables compagnons durant ces deux années, ma lampe de veille et bip alarme. Je n'ai pas trouvé d'image du premier, mais voici le second. Au fond c'est la seule chose que je me réjouis d'oublier. Le gros bouton rouge au dessus. Celui qu'on n'appuie que dans une seule situation.

lundi 29 octobre 2007

Philosophie matinale

Ce matin en préparant l'unité de soin où je travaille, je trouve un bout de papier griffonné par terre dans la cuisine: "A quoi sert-il de gagner le monde si l'on perd son âme?"

Je n'ai aucun idée d'où ça vient et quel patient a écrit ça, mais ça m'a pas mal fait réfléchir pendant ma dernière heure de travail. Parce qu'il y a tellement de personnes qui perdent leur âme en essayant de gagner le monde. Et pourquoi tellement de gens cherchent-ils à gagner le monde, d'abord? N'y a-t il pas une quantité d'autres choses bien plus importantes? J'ai souvent l'impression de vivre dans une société tellement conformiste que les valeurs et idéaux individuels ne sont pas du tout pris en compte. Il "faut" réussir, avoir de l'ambition etc...

Alors il y a des matins comme ça, où je me sens proche de "mes" fous.

mercredi 24 octobre 2007

Ma nuit avec A*** (non non rien de vicieux^^)


Comme le hasard fait bien les choses, cette nuit je travaille avec A***. On discute beaucoup, interrompus parfois par un patient qui se lève. 10 mois que je n'ai pas vu A***. Il fallait briser la glace, recréer le lien. A*** m'a finalement assez bien cerné, comme petit globe trotteur qui ne tient pas en place. Il n'a pas tout tort, c'est une partie de moi.

A*** m'a encouragé à vivre mes rêves, comme une autre A*** il y a quelques semaines. Il vit les siens. Ne se conforme pas forcément à ce que les siens attendent de lui et il est heureux comme ça. A*** semble ressentir les mêmes choses à Paris que moi lorsque j'étais à Berlin. Il repart dans 1 semaine, je ne sais pas si je vais le revoir un jour. Mais cette longue discussion de la nuit m'a renforcé encore une fois dans l'idée qu'il faut aller au bout de ses rêves.

Au fond, j'ai le sentiment qu'à 23 ans "the world is mine" comme dirait david guetta qu'a écouté toute la nuit l'un de nos patients en chambre de soin^^

Et je compte en profiter!!

mardi 23 octobre 2007

Mes nuits et mes collègues

Oui, je sais, normalement ça ne se fait pas de parler des gens en leur absence. C'est pourtant ce que je vais faire, parce que mes collègues de l'hôpital, même si ce ne sont pas des amis, occupent une place importante dans ma vie. Et puis il faut imaginer le travail de veilleur: chaque nuit de travail, ce sont 12 heures d'affilée en tête à tête avec un collègue, ce qui est propice à des relations particulières: on connaît souvent vite beaucoup de choses sur l'autre sans vraiment le connaître dans le fond. Quelques collègues

G*** vient des Antilles et est la personne avec laquelle j'ai le plus veillé depuis que j'ai commencé à travailler dans cet hôpital il y a un peu plus d'un an. Elle a 60 ans et un bon sens qui sent l'expérience. Avec elle les patients se conduisent correctement car elle ne leur laisse pas la possibilité de faire n'importe quoi. Jamais vécu d'agression lorsque je veillais avec elle. Et c'est agréable.

C*** est pour moi l'infirmière top! Il suffit d'un "Salut Manu!" lancé le soir lorsque nous prenons notre service pour que je me sente bien. C*** a 49 ans (mais elle en fait 40) et un fils qui a mon âge. Pourtant je ne la vois pas comme quelqu'un appartenant à la génération de mes parents, mais comme une collègue, proche et complice de beaucoup de petites histoires :-) Elle sent l'expérience de son métier, a une voix douce et lénifiante ce qui est très efficace avec nos psychotiques. Enfin elle est toujours au centre de discussions super intéressantes. C'est quelqu'un que j'apprécie beaucoup et si je vous disais qu'en plus elle est très belle et ne fait pas du tout son âge, vous me diriez que j'ai trouvé le prototype de la femme parfaite. Peut-être.

D*** vient "de l'Amérrrique latine" et a un petit accent exotique. Elle affronte courageusement la phase terminale du cancer de son mari. Elle veille la nuit et ne dort plus la journée parce qu'elle est près de lui. La soirée se passe de coups de fil en coups de fil, pour savoir comment il va et si tout est en ordre. On lui pardonne du coup facilement les paupières qui se ferment parfois durant la nuit. D*** est une infirmière très professionnelle. Je n'ai jamais vu un tel respect des patients, une telle politesse.

S*** a 43 ans, et on s'entend bien. Quand on passe des nuits ensemble et que c'est calme, on peut passer des heures à discuter de tout, de nous, de nos relations amoureuses, qui marchent ou ne marchent pas. C'est typiquement la collègue que je n'ai jamais vu en dehors du travail et qui pourtant sait des détails de ma vie privée que peu de gens partagent. Et vice-versa. S*** est la seule survivante d'un accident de voiture qu'elle a eu lorsqu'elle avait 20 ans. S*** vit au jour le jour. S*** est une femme chouette.

M*** adooore les chats. Elle en recueille toujours dans le bureau la nuit. Des chats sauvages qui traînent dans le jardin. M*** va parfois sur des sites de rencontres. Elle cherche un homme. M*** est originale et intéressante. Dommage qu'elle ne travaille plus ici depuis quelques temps.

Au milieu de toutes ces femmes il y a tout de même quelques hommes. A*** et L*** sont deux jeunes infirmiers, potes de longue date, hyper sympas et déconneurs, avec qui j'ai passé de bonnes nuits. A*** est un dragueur, il arrive à la trentaine et est toujours célibataire. L*** est gentil et rigolo. A*** vit son rêve, à mi chemin entre Lausanne et Paris. A*** est mignon et a un charme fou ce qui ne gâche rien. Il est peut-être juste un peu trop sûr de lui et de l'effet qu'il fait. A*** et L*** sont deux mecs sympas, sensibles et tout. Un vrai plaisir de travailler avec eux.

lundi 22 octobre 2007

Les fous


Comme je travaille dans un hôpital psychiatrique, ils font finalement aussi partie de mon quotidien. Bien sûr le titre est à prendre au second degré, parce qu'en les côtoyant j'en ai appris énormément sur eux et je ne les considère plus comme des fous, mais simplement comme des gens malades et souffrants, qui ont besoin d'être soignés. Entre aventures marrantes, réflexions philosophiques et beaux moments partagés (en faisant abstraction hélas des agressions), voici une nouvelle rubrique de mon petit monde.